soyez comme le p'tit Prince affranchi des admirations teintés de dévotion
.
Ce sera
une fête joyeuse et un beau voyage dans le Passé, mais certainement pas une reconstitution historique…Au fil de notre très long Moyen Âge, les mœurs, coutumes, modes vestimentaires et
autres, ont eu le temps d’évoluer et de se transformer complètement. Comment choisir alors entre ces dix siècles ? Les premiers encore très gallo-romains malgré les barbares ? Les
deux derniers, aux costumes somptueux et « sophistiqués » mais pour le reste calamiteux et misérables ? Ou alors les plutôt souriants (XIIe et XIIIe) enchantés par les
troubadours ?
On se contentera de procéder par petites touches, pour évoquer les plats, le décor, le costume et recréer une atmosphère d’époque. C’est l’imagination, vraie « machine à remonter le temps » qui fera revivre le goût de la convivialité gourmande et des fêtes spectaculaires qui nous font encore rêver.
Il sera bien sûr plus facile à recréer dans une pièce aux murs unis, blancs ou de couleur neutre que devant des papiers peints rococos ! Dans ce dernier cas, vous pouvez essayer de les dissimuler au moins en partie derrière des tentures, de simples métrages d’étoffes, ou même des draps (cela se faisait à l’Epoque !).
Pensez à enlever ou à dissimuler, les photos et peintures trop modernes. Remplacez les par des reproductions de manuscrits, des enluminures, des peintures sur bois ou, une tapisserie, si
vous avez la chance d’en posséder.
Faute de cathèdres, de faudesteuils, ou même de simples bancs, habillez vos chaises trop modernes de housses neutres.
Et surtout disposez partout où vous pourrez, sur les chaises, les bancs, les coffres plats, ou à même le sol, des coussins colorés.
Enfin, essayez de créer un éclairage indirect en dissimulant (derrière des paravents, des grands tableaux etc..) les luminaires électriques, et mettez en évidence tous les candélabres,
torchères, chandeliers, bougeoirs et autres lampes à huile que vous pourrez trouver.
Trouvères ou Troubadours, Jongleurs et montreurs d’ours, se produisent devant les tables impressionnantes où festoient nobles seigneurs et gentes dames, attablés d’un seul côté pour pouvoir
profiter du spectacle.
Dans les maisons riches, un meuble dressoir permet d’exposer la vaisselle précieuse et les pièces d’orfèvrerie ouvragées.
D’innombrables plats, groupés en services, défilent à la parade, portés par des serviteurs, avant d’être déposés sur une desserte (notre buffet d’aujourd’hui), découpés si nécessaire, et
apportés à table, tous ensemble, chaque convive se servant de ce qui est à sa portée.
On aime les tables surchargées de victuailles variées, les effets d'accumulation, les présentations somptueuses et surprenantes : pâté géant laissant échapper un vol d'oiseaux vivants... pièces rôties "gigogne"... Gros oiseaux, cygne, paon, rôtis, reconstitués, parés de toutes leurs plumes, et pattes dorées à l’or fin…
Difficile de nos jours de réaliser de telles extravagances ! Mais le buffet se doit tout de même d’être spectaculaire et généreux, décoré, plein de couleurs et de surprises, avec une grande variété de plats différents, à la présentation soignée, aussi beaux que bons, alignés comme à la parade, en rangs successifs…
Seule différence (mais de taille !) avec le festin médiéval : Il est rarissime aujourd’hui de disposer d’une nuée de serviteurs pour s’occuper des convives ! Chacun devra donc aller se servir au buffet avant de revenir s’attabler. Moins prestigieuse, la formule présente, par rapport à l’originale, le grand avantage de pouvoir choisir ce que l’on préfère.
Comment le concevoir et le décorer, ce buffet ? Tout d’abord, ne pas craindre, la surabondance, de victuailles et d’éléments de décor : candélabres, Bouquets,
Argenterie…
Les plats des différents services sont en rangs successifs, il faut penser aux coupelles du premier rang pour les fruits apéritifs, aux plats qui recevront les pâtés, aux coupes de poterie
pour les salades, au gigantesque plateau de « rôtisserie », à celui des fromages, sans oublier les coupelles de sauces colorées, et surtout les corbeilles pleines de pains variés,
dont il est impossible de se passer.
A défaut de grands plats d’argent, les plateaux actuels en aluminium ou acier, type traiteur, conviennent parfaitement. Sinon, on peut utiliser des plateaux de différentes tailles en
plastique ou en bois passés à la bombe de peinture argent ou or (ne pas oublier d’en tapisser le fond, d’un napperon de papier ou de tissu pour éviter le contact direct avec les
aliments). Deux autres dessertes, décorées de la même manière, vont recevoir l’une les douceurs, et l’autre les tonnelets et cruches qui contiennent les boissons.
A table... Aujourd'hui
Pour transposer en style de vie actuel, trois options sont possibles :
* Le style seigneurial : Plats d’argent (vrais ou faux) et assiettes « classiques » en
céramique gris foncé.
* Le style « paysan riche » : Plats et écuelles (assiettes creuses) en céramique ou
faïence épaisse ocre, marron, ou vert, assorties aux pichets, chopes, et poêlons en poterie émaillée.
* Le style « anachronique", mais dans l’esprit du temps, à retenir si vous avez la chance
de posséder un beau service de porcelaine, au décor plus ou moins important, argent ou doré.
Et les couverts ? Là aussi, on recherchera l’harmonie de styles, sans être trop regardant sur l’exactitude historique : Bois ou argenterie… selon les richesses de ses tiroirs. Les plus motivés essaieront de se passer de fourchette… Les autres en feront un usage discret !
Quant à la boisson…La plupart d’entre nous envisagent sans aucun plaisir la perspective de se passer de verre et de boire dans un hanap ou un gobelet d’étain. Nous disposons de très peu d’informations sur la verrerie entre le VIIème et le XVème siècle. On choisira donc, en fonction de l’harmonie d’ensemble et de ses ressources personnelles : gobelets, coupes, ou verres à pieds.
C’est un élément important de l’ambiance. A défaut d’orchestre caché dans une
tribune, une bonne sono fera l’affaire : Il existe de nombreux C.D de musique du Moyen Âge.
A défaut ou en alternance, des chants polyphoniques (par exemple, Corses ou Basques) ne choqueront pas.
Enfin, pour finir en beauté une soirée si mémorable, rien n’interdit de régaler ceux qui auront dansé rondeaux, branles, et caroles jusqu’au bout de la nuit, avec un grand classique déjà apprécié, et toujours à la mode, une soupe à l’oignon, aux épices évidemment !
La cité médiévale de
Carcassonnes